Melancholia: Une nostalgique fin du monde orchestrée par un Lars Von Trier au sommet de son art !

Lars Von Trier  (« Manderlay », « Breaking the Waves », « Antichrist »), Kirsten Dunst (« Virgin Suicides »), Charlotte Gainsbourg (« Antichrist », « L’arbre »). Un trio que l’on ne peut que saluer en sortant de la projection de « Melancholia », film dont j’ai mis du temps à parler tant il m’a dérouté. Au départ, je n’arrivais même pas à dire si je l’avais aimé ou pas. Il m’aura fallu quelque jours pour m’en remettre, me poser des tas de questions et  tenter d’en trouver les réponses. « Melancholia » est une oeuvre qui demande, je pense, quelques jours de réflexion pour prendre de la distance avec son histoire et ses personnages. Il nous faudra du temps pour se détacher d’une atmosphère aussi oppressante qui pèse sur l’ensemble du film mais il nous faudra du temps, aussi, pour s’imprégner de toutes les émotions que le réalisateur a voulu nous faire passer. C’est là, à mon humble avis, tout le paradoxe de  l’appréciation de « Melancholia »…

« Melancholia » s’ouvre sur un prologue saisissant qui introduit avec brio la menace apocalyptique qui plane sur tout le film et l’importance du rôle de Justine (Kirsten Dunst) dans ce contexte. Sur fond de Wagner, des images célestes de la planète Melancholia gravitant autour de la Terre se superposent à celles de Justine qui semble prisonnière de quelque chose et qui donne l’impression de traîner tout le poids destructeur de cette planète derrière elle. Le film se divise en deux parties: Tout d’abord, une partie centrée sur le personnage de Justine. Nous sommes spectateur de son mariage. Un mariage où l’on est bien vite obligé de remarquer que quelque chose cloche. Justine y subit la pression de son patron, de sa mère et de son beau frère qui lui répète sans cesse la fortune qu’il a dépensé pour cette journée magnifique et qu’elle se doit d’être heureuse. Au fur et à mesure que la mariage avance, Justine est de moins en moins maître d’elle même. Elle réalise peu à peu ce qui est en train de se passer. La planète Melancholia commence à exercer sur elle une pression qui l’accable et l’enfonce peu à peu dans les tourments d’une immense dépression. Justine essaiera d’en parler à sa mère (Charlotte Rampling) qui la descendra plus bas que terre et à sa soeur (Charlotte Gainsbourg) qui ne la comprendra pas. A la fin de cette première partie, Justine se retrouve bien seule au monde, sans mari et sans famille. La deuxième se concentre sur Claire, sa soeur. La menace de Melancholia pèse plus que jamais sur notre Terre. Cette planète devient l’objet de toutes les curiosités, de tous les mystères. Sera t’elle la cause de la fin de la vie sur Terre ?

Claire est l’opposé de sa soeur, qu’elle avoue parfois détester. Elle représente une certaine innocence, naïveté qui la rend plus humaine que les autres personnages. Justine est de plus en plus malade. Elle n’arrive plus à marcher, peine à manger et à apprécier son plat d’enfance qui a pour elle, un « goût de cendres ». Elle est la seule à ne pas s’inquiéter de l’arrivée de la planète bleue, planète qui devient bientôt plus grosse que la Lune. Pour elle, « la Terre est mauvaise ». Il n’y a plus aucune raison de chercher à préserver la vie. Claire se berce d’illusions mais ceci cèdera vite à la panique quand elle comprendra que tout est fini, que son fils ne grandira jamais. Melancholia danse autour de la Terre. Elle s’approche puis s’éloigne, puis se rapproche une dernière fois, éclairant la Terre d’une lumière bleuâtre aussi envoutante qu’oppressante, avant de la percuter et de la détruire, marquant ainsi la fin de la vie. Le film brille par un esthétisme très appuyé qui donne parfois un cadre poétique à l’ensemble et l’impression que les personnages y sont prisonniers. On remarque aussi l’absence des hommes dans le film qui s’éclipsent toujours dans l’indifférence. Le film lie ces personnages par des sentiments très forts où se mélangent amour et haine. On ne peut que s’incliner face à la justesse des deux interprétations de Charlotte Gainsbourg et Kirsten Dunst, lauréate du prix d’interprétation féminine du dernier festival de Cannes. « Melancholia » nous plonge dans la lourdeur qui pèse sur les personnages et nous donne le sentiment de vivre la même chose que ses personnages. C’est une vraie expérience de cinéma. Expérience que même quelques longueurs n’arrivent pas à plomber. On en ressort pour sûr dérouté mais on ne regrette en aucun cas de l’avoir vécu.

Lars Von Trier est un grand réalisateur, on ne peut le nier. Avec « Melancholia », il réussit subtilement à nous faire ressentir toutes sortes d’émotions et nous plonge au plein coeur d’une fatalité accablante. Des personnages forts et symboliques, des relations complexes qui basculent entre déchirement et amour. La puissance du film tient principalement du personnage de Justine qui représente la mélancolie dans toute sa splendeur. Le film évolue dans un climat de plus en plus pesant, où l’esthétisme est de plus en plus poussé et où le prologue magistral finit par prendre tout son sens. On y tiendrait presque le meilleur film de l’année, mais assurément, « Mélancholia » est un film qui mérite sa tête d’affiche…

15/20

 

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3 réflexions sur “Melancholia: Une nostalgique fin du monde orchestrée par un Lars Von Trier au sommet de son art !

  1. Bonjour !
    Perso, moi, je n’ai pas attendu longtemps pour savoir que j’avais adoré ce film et pas tellement plus longtemps pour écrire un article sur le blog !! Je mettrais un 19.5/20 et le place en tête des films 2011 !
    Ce fut pour moi un véritable choc esthétique, émotionnel et je pense que Von Trier, s’inscrit, au fil de sa filmo, comme l’un des grands réalisateurs du début du 21ème siècle ! NON ?

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