Super 8 : « Cloverfield » au pays des bisounours !

J.J Abrams s’allie avec Steven Spielberg pour réaliser une superproduction « hommage » aux films de science fiction. Mais cette fois ci, Spielberg n’est pas le réalisateur – on le laisse plancher sur « Tintin » pour le moment – mais le producteur du divertissement. En présence sur l’affiche des deux maîtres incontestés du genre SF, on ne peut que se précipiter pour voir ce que vaut ce « Super 8 ». La bande annonce, mystérieuse, entretient le suspense et se révèle allègrement alléchante. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce teen-movie le divertissement de l’été. A coup sûr – on ne peut pas se tromper – « Super 8 » mérite d’être vu et apprécié sur grand écran ! Oui mais voilà, parfois… mieux vaut ne pas trop se précipiter, car la déception peut vite pointer le bout de son petit nez.

« Super 8 » démarrait pourtant sur une bonne lancée, une bonne idée de départ. L’histoire d’un groupe d’adolescents rappelant fortement les « Goonies » qui tente de tourner un film d’horreur en super 8 pour gagner un petit concours cinématographique. Lors d’une soirée de tournage, ils assistent, impuissants, à un accident ferroviaire de très grande ampleur, le déluge d’effets spéciaux et de bruitages sonores explosifs peut en témoigner. Très vite, des évènements mystérieux se produisent au sein de leur petit village et les amènent à la conclusion qu’ils se passe quelque chose, quelque chose de vraiment paranormal. L’ensemble se déroule sur fond d’amourette adolescente et d’une relation père-fils peu innovante. On tente d’entretenir le suspens mais tout est couru d’avance. Et cela manque parfois de rythme. Comme d’habitude, on ne voit rien. Il ne se passe pas grand chose et la chute fait très vite redescendre le soufflé. Mais alors là, pour le coup, « Super 8 » est un melting pot des films de science fiction. J.J Abrams n’y est pas allé de main morte, toutes les références possibles et inimaginables des films de SF des années 80 et plus ont été utilisées: « E.T, Jurassic Parc, Alien, Predator, La Guerre des Mondes »… Abrams s’autoplagie même, nous ressortant la même bête et le même genre d’histoire que « Cloverfield ». On y retrouve des petites touches de « Lost » aussi parfois. Le manque d’originalité volontaire nuit carrément au film.

Et puis, il fallait l’inventer l’histoire de la créature qui s’est écrasé sur Terre et qui cherche désespérément à reconstruire son vaisseau à l’aide de petits Rubik’s Cube blancs. On se demande vraiment d’où cela peut-il sortir… C’est tiré par les cheveux, pas du tout crédible à certains moments et la minute où la bête se montre enfin est profondément ridicule. On ne s’ennuie pas mais l’on n’apprécie pas pour autant. C’est même assez drôle à certains moments car cela manque complètement de crédibilité. A se demander si cela est volontaire… Néanmoins, les jeunes acteurs s’en tirent la tête haute et livrent une belle prestation. Leurs personnages sont assez attachants et l’on se prend vite à leur tournage et leur maquillage de zombies. L’ensemble est aussi bien filmé, même si certaines cascades – notamment celles du train – sont vraiment trop grosses pour paraître réalistes. Le suspense monte parfois d’un cran et on se prend à sursauter mais la tension retombe malheureusement aussi sec. Il est dommage de dire cela mais la déception est au rendez-vous. « Super 8 » est trop banal pour être un bon film de science fiction, trop cliché pour que son côté dramatique nous prenne aux tripes, trop « too much » pour nous faire revivre le bon cinéma SF des années 80’s-90’s…

Un défilé de clins d’oeil et de références des films qui auront marqué la génération SF mixé à la sauce « Cloverfield », voilà ce qui vous attend avec « Super 8 ». Rien de plus, si ce n’est une grande tendance du scénario à manquer de crédibilité. C’est pourtant bien joué, bien filmé mais la sauce ne prend pas. Des longueurs, des dialogues sans grand intérêt, une histoire bancale et tout sauf originale, le film résonne un peu comme étant le brouillon d’un grand classique du genre. On s’attend à ce que la tension monte et que le tout parte vraiment jusqu’à – pourquoi pas – nous faire frissonner d’angoisse et nous coller à nos sièges mais ce moment n’arrive jamais. La grande star du film n’apparaît qu’une minute, et c’est bien cette minute qui détruit tout ce que le réalisateur avait tenté d’échafauder. Le ridicule ne tue pas non, mais il peut casser tout un film. Dommage ! Il ne manque qu’une chose à « Super 8 » pour réussir son pari: un scénario super béton !

09/20

 • Il m’a inspiré pour cet article, projette des films au petit cinéma de St Martin – sans doute super 8 bientôt d’ailleurs – et à l’occasion, produit ses propres morceaux de musique, je ne pouvais finir cet article sans vous le présenter; voici Cocobaland 

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2 réflexions sur “Super 8 : « Cloverfield » au pays des bisounours !

  1. Ce que je reproche le plus à Super 8, c’est la fin qui tire sur le pathos.
    Le début est assez plaisant, la suite manque d’originalité, c’est le traditionnel complot de l’armée contre la population.
    Amicalement,
    BAROUFS CULTURELS

  2. Pingback: SUPER 8. J.J Abrams au meilleur de sa forme « BAROUFS CULTURELS

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