Sucker Punch : Zack Snyder laisse place au Girl Power…

Nous l’avions laissé en compagnie des petites chouettes pas très folichonnes de Ga’Hoole, voilà que Zack Snider nous revient avec une histoire bien à lui. Nous ne sommes plus dans une énième adaptation de comics (« 300 », « Watchmen ») ou de livres pour enfants (« Le Royaume de Ga’Hoole ») mais dans un univers bien original, celui de l’asile psychiatrique The Lennox House for the mentality insane. Au programme du voyage, un High-Roller dont seul le nom suffit à terrifier la plupart des détenues de l’asile, un dirigeant pervers complètement timbré, un cuisinier au couteau bien aiguisé et cinq bombes interstellaires qui dansent à la perfection menées par une roumaine au charme ravageur… Un univers bien décalé donc qui nous en fait voir des vertes et des pas mûres, mêlant scènes d’actions aux graphismes dignes des meilleurs jeux vidéos et scènes macabres et glauques d’un asile qui fait froid dans le dos. L’intrigue est simple: comment s’échapper d’une prison pareille ? C’est ce que tente de nous expliquer Zack Snyder dans un développement aussi saisissant que novateur. Et  la déception ne fait pas parti du voyage…. Sweet dreams are made of this…

« Sucker Punch » s’ouvre sur une magnifique reprise interprétée par l’actrice principale Emily Browning en personne. On retrouve tout de suite la patte de Zack Snyder. Aucune parole, des effets visuels toujours plus sophistiqués les uns que les autres. L’ensemble, très théâtral, est tourné comme un clip vidéo. L’image est assombrie pour donner une envergure plus lugubre à l’action.  On se doit d’adhérer immédiatement à cet univers pour pouvoir apprécier le film. En quelques secondes, la situation de départ nous est donnée:  le beau père meurtrier de la jolie BabyDoll l’a fait passer pour folle en faisant croire qu’elle avait tué sa soeur et l’emmène directement dans un asile psychiatrique. Là, il magouille avec  le directeur Blue Jones pour la faire lobotomiser par le High Roller très rapidement pour éviter qu’elle ne dévoile la vérité. En attendant ce dernier, la jeune femme s’enferme dans un monde onirique où l’asile devient un cabaret dans lequel les internées sont des danseuses, Blue est le propriétaire des lieux et Madame Gorski, sa thérapeute, est la chorégraphe. Avec quatre autres danseuses, Sweet Pea et sa sœur Rocket, Blondie et Amber, elle devient Babydoll, une nouvelle recrue qui danse en rêvant d’être une héroïne combattant des légions d’ennemis avec ses pistolets et son sabre aux côtés de ses amies. Pour fuir, son « maître » lui donne une liste de cinq objets à récupérer : une carte (le plan du bâtiment), le feu (un briquet), un couteau (l’outil du cuisinier), une clé (le passe de Blue) et un cinquième élément que Babydoll doit découvrir par elle-même mais qui lui assurera une « victoire parfaite ».Pour récupérer les objets, le plan est de les subtiliser pendant que Babydoll fait diversion en dansant. S’enchaîne alors multiples rebondissements assez inattendus, des scènes visuellement époustouflantes rythmées par une bande son de grande qualité. Difficile de ne pas tomber raide dingue de ces belles créatures qui se trémoussent en tuant des guerriers allemands, des dragons cracheurs de feu et autres robots dans des mondes virtuels complètement décalés. La maitrise de la réalisation est parfaite. Zack Snyder assure partout et le film est de toute beauté. Chaque petit détail est travaillé, on peut vraiment parler d’art lorsqu’on voit un film comme cela. Les actrices sont crédibles et plutôt même doués notamment Emily Browning que je n’avais pas reconnue (elle joue Violette dans les « Orphelins Baudelaire »). Une actrice qui a de l’avenir… L’histoire est originale, bien ficelée et intelligente. On ne s’ennuie pas un seul instant devant un spectacle sans cesse renouvelé par différents mondes fictifs particulièrement riches et surprenants. La fin, impossible à anticiper, conclue habilement l’histoire sur la force de l’esprit humain et de sa volonté à pouvoir se sortir de « prisons » qui nous détruisent la vie. Comme le dit si bien BadyDoll,  nous avons toutes les armes nécessaires en notre possession alors à nous de nous battre. « Sucker Punch » devient alors une métaphore onirique qui illustre parfaitement ce message. Un film bien plus profond  et psychologique qu’il n’y paraît…calibré pour nous faire plaisir.

Zach Snyder réalise un grand film, au visuel explosif et sans défaut, à la réalisation précise qui s’attache aux moindres détails et à l’histoire bien trouvée et subtilement amenée. Difficile de ne pas tomber amoureux de cet univers, on se laisse prendre au jeu très facilement. Les actrices savent se servir de leurs charmes pour nous divertir et arrivent sans problèmes à nous emmener là où elles veulent. On ressort de ce film comblé, avec qu’une seule idée en tête: le revoir. C’est l’effet « Sucker Punch », une impression d’avoir pris son pied pendant près de deux heures, de ne pas être déçu au final car l’histoire aurait pu être bien plus simplette que cela et de s’être évadé ailleurs, là où l’esprit ne se lance d’ordinaire que très rarement. « Sucker Punch » est un spectacle aussi saisissant que le show délivré par BabyDoll pour hypnotiser les hommes de l’asile. Rappellez-vous, la réalité est une prison. Votre esprit est la clé.

 

16/20

 

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